Un mouillage dans une réserve ornithologique, c’est bio mais ça a ses inconvénients. En quittant le bord de Waloo il y a quelques semaines, j’avais remarqué un goëland qui lui tournait autour avec un œil intéressé. L’individu devait être en plein repérage pour établir son nid. J’avais bien quelques soupçons après avoir trouvé un nid à bord au début de l’été dernier, mais Waloo n’avait pas bougé de tout l’hiver, et après tout, je ne suis pas opposé à la réquisition des bateaux vides. Cette fois-ci, c’était différent. Je ne m’étais pas absenté longtemps.


J’avais reçu par MMS une photo sur laquelle on distinguait nettement un nouveau nid sur le roof tribord. arrivé sur place, j’étais soulagé de n’y voir aucun occupant et des bouts de coquille d’œuf: le nid avait visiblement été délaissé après la naissance des poussins. Je pouvais donc procéder au nettoyage. Grave erreur… A peine avais-je commencé à balayer les branches que deux goëlands commençaient à attaquer en piqué et à grands cris. Ce n’est qu’en faisant tournoyer l’aviron de l’annexe que j’ai pu les maintenir à distance. Mais pourquoi cette furie?? C’est alors que j’ai vu le poussin sur la plage avant, caché derrière la poutre centrale. Du bon gros poussin de 500g au moins, mais qui n’a pas encore d’ailes quand même.


A ce stade, les options sont limitées. Je n’allais pas reconstruire un nid et encore moins emporter le poussin à l’abri. Je me suis donc éloigné en surveillant mes arrières, et en particulier les deux Stukas qui me fondaient dessus avec le soleil dans le dos.


Une fois reparti, j’espérais que la famille trouverait une solution car je ne pouvais pas les aider.
Le lendemain, après avoir assisté à une très intéressante présentation de Guillaume Verdier et Alessandro di Benedetto aux Salorges, je suis revenu prendre des nouvelles de la famille goëland. Les parents et leur rejeton sont toujours aux abords de Waloo et semblent vouloir y rester, même sans nid, et ils sont toujours à cran. J’invite les touristes qui circulent sur la jetée Jacobsen à ne pas trop s’approcher du chenal pour regarder Waloo (si, si, il y en a qui font ça…) au risque de se faire attaquer.


Finalement, j’ai peut-être trouvé le moyen le plus écologique pour protéger un bateau des visites indésirables.
Mais je ne vais pas trop la ramener. J’aurais préféré ne pas enlever ce nid.
Bilan: j’irai naviguer une autre fois. Au fait, ça met combien de temps à s’envoler un goëland?


Les goëlands squatteurs




Mise à jour: l’alerte goëlands est maintenue. Voici en quelques images comment est assurée la protection de Waloo avec intimidation des passants de la jetée Jacobsen…


Les goëlands squatteurs